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Réparation de la dernière chance.


Par Bolly - dernière mise à jour le : 2004-09-12

EN COURS DE CONSTRUCTION


Pour ma part, je commence à être "expert" en la matière et cela grâce à des volontaires malchanceux qui ont brisé leur joujou en deux morceaux et chaque fois aucun shaper ne voulait se risquer à des réparations d'une telle ampleur !

J'ai quatre expériences à mon acif :

 
1- Un fish (sans nom...) des années 70 entièrement défoncé, rongé par l'eau de mer et quasi intégralement délaminé de l'intérieur. La fibre de verre s'était complétement dissociée du pain de mousse et celui-ci était devenu tendre et friable comme une biscotte ! Solution : délaminer intégralement la planche en laissant les dérives en place. Un séchage de plus de 3 mois dans un lieu sec et aéré. Un ponçage (voire me un "re-shape") de la planche en enlevant presqu'un centimètre de tous les côtés. Finition bois pour le nose et le tail, histoire de se faire plaisir et ensuite une déco en tissu vert pétant pour masquer l'état pitoyable du pain... Et pour finir la chanson habituelle : restratification, reglaçage, reponçage... etc...( Cf : rubrique Bolly apprenti shaper)

 

2- Une HANG TEN évolutive de 2,20 m brisée en deux par mes soins lors d'une tentative de tube bien profond... trop profond... bien trop profond... résultat je suis resté dans la machine à laver et le tambour était trop étroit pour essorer une planche de cette taille ! Bref elle a cédé, bu beaucoup d'eau et en plus s'est délaminé sur plus de 70 cm de chaque côté de la cassure. Solution : j'avais entrepris de transformer cette évolutive en mini-gun ! J'ai donc délaminé l'engin intégralement et laissé sécher quelques mois. Ensuite j'ai rajouté des lattes dans la masse du pain et resoudé les deux parties l'une avec l'autre. Une fois resolidarisée, j'ai reshapé l'ex-évolutive et lui ai donné les cotes d'un mini-gun de 2,20 m. Une fois satisfait du shape, j'ai allongé la planche avec une finition bois au nose et au tail pour terminer avec une planche de 2,28 m ! Pour se faire suer, une stratification avec un pigment jaune dans la résine... Au début je n'ai pas respecté les doses prescrites par le fabricant et ça n'a jamais séché !!! Bref, on arrache tout et on recommence : les Bouuuuuuuuuuules !!! Après je me suis appliqué, j'ai respecté les consignes et ça a marché ! Et enfin, rebelotte, restratification intégrale, glaçage, ponçage... etc  (Cf : rubrique Bolly apprenti shaper )


 Dans ces deux cas, je n'ai pas eu à "bricoler" sur des parties déjà stratifiées et des parties délaminées car j'avais entrepris de tout délaminer et de repartir sur des pains tout blancs et tout propres ! Le seul souci était de stratifier en ayant laissé les dérives en place et donc de faire chque fois un joli joint entre la nouvelle stratification et les ailerons déjà en place...

3 - Par contre pour la troisième expérience, notre ami JC le "Super Power surfer MNM'S" a tenté des cabrioles rodéoesques avec une CHEVALIER bien trop fragile pour ce genre de zizounette acrobatique ! Résultat : celle-ci a cédé en deux morceaux, bien au milieu de la planche mais en se délaminant moyennement sur le pont et bien plus sur la carène. Evidemment vus les dégâts, aucun shaper ne voulait perdre son temps à tenter la réanimation ! Un mot, un geste et Bolly fait le reste ! Il y a certains shapers qui recollent la fibre délaminée en remetant une fine couche de fibre de verre et de résine entre le pain et la partie délaminée. Mais par expérience, j'ai constaté qu'une fois que le pain a bu de l'eau de mer en surface, la soudure entre le pain abîmé et la fibre délaminée ne se faisait pas aussi solidement qu'à l'origine et donc la zone reste mal stratifiée. Il vaut mieux arracher la fibre délaminée, reponcer le pain en enlevant au moins un ou deux millimètres de mousse "salée" et jaunie et restratifier proprement avec de la nouvelle fibre de verre et de la nouvelle résine bien claire ! Je me suis donc lancé dans les gros travaux après presque 6 mois de séchage. Le but du jeu consistait à ne pas délaminer la planche intégralement mais à inciser au delà de la délamination pour avoir ainsi une séparation nette et propre entre le pain et la fibre. J'ai utilisé un bon gros cutter sans trop de mal car les CHEVALIER sont très fines (trop fines !) et obtenu une délimitation bien nette. Après j'ai poncé le pain jauni et cabossé pour récupérer un pain tout blanc et tout propre. Mais je me retrouvais toujours avec deux morceaux !!! Ma solution est de renforcer la latte brisée et de rajouter 4 lattes de 40 cm dans la masse du pain en creusant dans la matière sans que cela ne se voit à la surface du pain. En général, j'évide deux cavités de part et d'autre de la latte sur 20 cm de profondeur sur chaque morceau de planche et d'une largeur supérieure d'un centimètre à la largeur de la nouvelle latte. Ainsi les deux morceaux de pain mis bout à bout ont en regard 4 petites cavités : deux le long de la latte centrale et deux en plein milieu entre la latte et le rail. J'utilise des petites lattes en bois achetées chez BRICOMACHIN en pin ou sapin d'une largeur inférieure à l'épaisseur du pain et d'une épaisseur de ± 7 ou 8 milimètres. Ensuite, je coule un mélange de résine + micro-ballons dans les 4 petites cavités (de 20 cm de profondeur) d'une des deux demi planches et y introduis les 4 réglettes en bois le plus parallèlement possible par rapport à la latte centrale. La résine une fois figée, je me retrouve avec, dirons-nous, d'une part avec une demi planche "mâle" dans laquelle sont déjà coulées la 4 lattes et qui dépassent de 20 cm et d'autre part une demi planche "femelle" dans laquelle il y a les 4 petites cavités de 20 cm de profondeur prêtes à acceuillir ces messieurs ! ;-) La suite est plus délicate car il s'agit maintenant de couler le mélange de résine dans les 4 cavités et d'y enchasser la demi planche "mâle" de façon à resolidariser les deux demi planches tout en prenant garde le faire pile dans l'axe pour ne pas avoir une planche vrillée !!! Car une fois la résine figée, je peux vous promettre que ça ne cassera plus jamais à cet endroit !!! Mon truc à moi est de fixer solidement la partie femelle à la verticale (à une table, un balcon... enfin un truc solide et bien vertical... Hmmmm c'est très sexuel en fait ;-) Non, j'déconne, c'est une image bien sûr !!!). Je reprends : donc la partie femelle pile à 90° à l'aide d'un niveau à bulle, de remplir les 4 cavités de résine et de venir doucement enchasser la partie mâle jusqu'à ce que les deux parties de pain soient en contact. Ensuite, je maintiens fermement les deux parties ensemble et dans l'axe pendant 20 minutes jusqu'à ce que cela soit figé. Et le tour est joué ! Mon conseil, il faut le faire plusieurs fois "à blanc" sans avoir mis la résine pour être certain que les deux parties s'emboîtent parfaitement l'une dans l'autre... Hmmmmmm...ça devient même porno ;-)

 Rajouter le shéma des 5 étapes de la solidarisation de la CHEVALIER (déjà fait)

Bolly et Piou couturiersUn nouveau petit coup de ponçage s'impose pour mettre les deux parties soudées parfaitement à niveau. Il y a certainement une fissure visible à l'endroit où les deux morceaux sont soudés. Selon les cas, c'est même un peu profond ou évasé sur les côtés... Ce n'est pas grave, il suffit de faire un coffrage, comme pour le béton, tout autour de la planche et d'y couler un mélange de résine (+ micro-ballon) bien fluide pour remplir la fente. Mon conseil : masquez l'intégralité de la fente en laissant la petite trappe sur la carène. Lorsque vous remplirez le coffrage, placer la planche sur des tréteaux, la carène vers le haut et le pont vers le bas, ainsi la résine épousera mieux la forme arrondie du pont. Maintenant que la soudure est parfaite et bien à niveau avec le pain, il va falloir passer à la stratification. Cependant la réparation se verra au travers de la résine, donc je choisis souvent de plaquer à même le pain un tissu de couleur (100% coton ou 100% soie pour les friqués). Là, libre choix dans le tissu... Evitez la nappe de la belle mère sauf si le divorce est recherché ! Un paréo tahitien ou la robe d'été de la demi sœur conviendront parfaitement ;-)

Cette couche de tissu supplémentaire rajoutera un ptit côté roots et original, masquera la vilaine fissure et consolidera davantage la planche. Il faut vous faire une raison, la board va prendre du poids (!) c'est évident... mais bon c'est une réparation de la dernière chance... donc au lieu de la foutre au mur ou à la poubelle... pour moins de 100 euros vous récupérez l'engin qui ne craindra plus le shore break... enfin.. du moins à l'endroit qui est réparé !!! Donc éh bien là on entre dans la rubrique stratification et décoration... c'est le moment de faire jouer ses talents d'artiste et de laisser sa trace sur le pain avant de l'engluer ! Logo, graffiti, tissus, marqueterie, incrustations, fleurs et feuilles séchées... évitez les insectes vivants... ça moisit ;-)

Donc pour faire simple, j'ai découpé un vieux drap à fleurs sur une largeur de 30 cm et stratifié la bande pour masquer la fissure de part et d'autre de la planche. Une fois la réparation masquée, le jeu consiste maintenant à mettre successivement des couches de fibre de verre (maximum 300 gr/m2 - minimum 150 gr/m2) et de résine par dessus le pain délaminé jusqu'au même niveau de la couche de fibre de verre originale (celle du shaper). C'est assez délicat, mais c'est jouable. Il faut veiller à venir chaque fois avec la fibre de verre jusque sur la délimitation faite au cutter. Je me suis fait la main sur le pont qui supporte mieux les irrégularités pour être au point avant d'entamer la carène car celle-ci est plus en contact avec l'eau et doit être parfaite. Souvent mécontent d'une couche à l'autre, je prenais ma ponceuse et remettais tout bien à niveau pour avoir une surface la plus régulière possible avant glaçage. Une fois les deux côtés faits, un dernier coup de ponceuse s'imposait avant la dernière couche de fibre. Quitte à prendre du poids, j'avais opté pour une couche de fibre de verre plus fine (du 120 gr/m2) qui recouvrirait la réparation, toute la zone délaminée ainsi qu'une vingtaine de centimètres de part et d'autre du joint entre mes couches de fibre et le glaçage du shaper. Mon conseil : poncez grossièrement le glaçage (tant pis pour le côté brillant) car il contient du styrène et donc empêche une bonne stratification entre l'ancien glaçage et cette dernière couche de fibre de verre que vous superposez. Voilà, la planche de JC est presque comme neuve ! Elle a pris 2 kilos mais elle est "unbreakable". ;-) Cette dernière couche de fibre posée de chaque côté, un dernier coup de ponceuse sur les rails s'imposait avant le glaçage final. J'avais opté pour un glaçage mat par dessus toute la réparation et ensuite un ponçage bien fin pour essayer de retrouver l'effet "patiné" de la planche originale et éviter toute différence de niveau entre la réparation et l'ancien glaçage. Et voilà l'travail, après quelques bonnes suées et pour moins de 100 euros, notre ami JC est reparti avec une CHEVALIER unique au monde et bien plus solide (et plus lourde aussi !) que l'originale ;-) MISSION ACCOMPLIE

 Rajouter une photo de la planche de JC finie - (à faire)

4 - Nous voilà fièrement arrivés à la quatrième aventure qui ressemble fortement à la troisième sauf qu'il s'agit cette fois-ci d'une 9 pieds Stewart Hydrohull massacrée par notre téméraire copain hollandais, j'ai nommé Monsieur Pieter. Celui-ci s'est aventuré dans une vague trop proche du bord et la magnifique 9 pieds s'est rompue en deux morceaux très nettement cassés mais avec une délamination assez importante ! Une fois de plus, le petit bolide semblait irréparable et le pauvre hollandais l'a mise à la poubelle !
 

Piou toujours aux aguets et attentif comme le renard, avait assisté à la scène et a récupéré la planche pour Mister Bolly en se disant que celui-ci pourrait bien en faire quelque chose... Bien vu l'artiste ! La planche (mis à part qu'elle était en deux morceaux) était en très bon état, sans autre pok ni enfoncement. J'ai pensé que ça valait donc le coup d'essayer de la réparer et de me faire ainsi une deuxième 9 pieds pour compléter mon quiver. 

La technique de réparation ressemble très fort à celle de la CHEVALIER mais les surfaces délaminées et la longueur de la planche m'ont obligé à prévoir plus de fibre de verre, plus de résine et 6 lattes en bois au lieu de 4. D'entrée, je savais que la planche allait prendre au moins 3 kg de poids en plus. Toutefois, il y avait d'autres différences qu'avec la planche précédente : - la délamination était bien plus importante - stratification plus épaisse - glaçage brillant - beauté de la planche à essayer de conserver (!) - cassure en diagonale et irrégulière Pour commencer, un séchage long s'imposait car elle avait bien bu... Eh oui ! C'était la canicule !!! Ne l'oublions pas !!! Ensuite, j'ai décidé de donner une forme spéciale et arrondie à la délamination que j'allais prolonger. Pour masquer la future réparation, j'ai également opté pour un tissu de couleur bleue épousant la forme de la partie à restratifier. Et enfin, poussons le vice jusqu'au bout : grâce à Pascale, ma douce, j'avais récupéré des feuilles de bois et de couleurs différentes utilisées en marqueterie (de ± 0,3 mm d'épaisseur). J'ai donc réalisé une petite composition en dammier de marqueterie tout autour de mon fameux logo "B" ou "13" (c'est comme on veut...) que j'ai collée par dessus la réparation avant de supperposer les couches de fibre de verre. Après, les étapes successives sont quasi les mêmes que pour la CHEVALIER, je résume le tout :

 Rajouter une photo du chantier dans l'appart ! (à faire)

- faire sécher longuement
- réaliser une délamination propre et nette avec un cutter bien affûté au délà de celle causée par le crash

Rajouter le gros plan sur la délamination faite au cutter (déjà faite)

- creuser les 6 petites cavités dans chaque demi planche, bien en regard et sur 20 cm de profondeur
- préparer les 6 lattes en bois de 40 cm de long
- couler la résine dans une des deux demi planches et enchasser les lattes pour en faire la partie "mâle"
- positionner la partie "femelle" bien à 90 ° et vérifier que les petits trous correspondent à la place des lattes de l'autre partie

 Rajouter le schéma des étapes de la resolidarisation de la Stewart (déjà fait)

- couler la résine dans la partie femelle et introduire la partie "mâle" jusqu'à ce que les deux parties ne fassent plus qu'une... Hmmm... ;-)
- bien vérifier la jonction et l'axe et maintenir fermement jusqu'à ce que la résine ait figé

Rajouter la photo du gros plan sur la délamination (déjà faite)

- petit séchage (1 ou 2 heures) - poncer le pain et préparer la surface pour effecer tous les enfoncemments et traces du passé !
- colmater la fissure et la mettre à niveau avec le pain tout neuf et tout blanc

 

- découper le tissu de couleur pile à la même forme que la délamination faite au cutter
- pré-encoller le pain et y apposer le tissu de couleur - petit séchage (1 ou 2 heures)
- idem pour l'autre côté - par dessus la réparation, coller le logo en marqueterie sur toute la largeur de la planche
- petit séchage (1 ou 2 heures) - idem pour l'autre côté
- ensuite superposition des différentes couches de fibre de verre de ± 300 gr/m2 à 150 gr/m2)

 Rajouter les 2 schémas des étapes de stratification de la Stewart

- idem pour l'autre côté - long séchage (24 heures)
- élimination de toutes les impuretés et différences de niveau et de relief
- avant dernier ponçage avant le glaçage (grossier et puis de plus en plus fin)
- idem pour l'autre côté

 Rajouter une photo du travail en cours : stratification finie et ponçage fini

- nettoyage et élimination des impuretés avec l'ESSENCE F
- glaçage - idem pour l'autre côté - séchage moyen (4 à 5 heures)
- ponçage très très fin à l'eau et à la main - idem pour l'autre côté
- et PLOUF !

  Rajouter une photo du travail fini : recto / verso




stewart2

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chantier01

chantier2

coffrage1

pansement

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