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Fabrication d'ailerons : la technique à Bolly


Par Bolly - dernière mise à jour le : 2004-08-18

Voilà venu le moment de se faire plaisir et donner une touche perso supplémentaire à son futur missile !

 On a déjà vu ensemble la décoration de la planche et une partie des diverses techniques possibles pour personnaliser sa planche. C'est un peu pareil que pour les techniques de déco, il y a plusieurs méthodes pour se fabriquer des dérives. Je m'y suis risqué, mais uniquement pour des dérives de longboard à insérer dans des box US comme sur quasi tous les baobabs.

Certains fabricants utilisent de grands cadres dans lesquels fibre et résine sont superposés en couches successives pour former une grand plaque de plusieurs dizaines de couches successives. Après, un logiciel relié à une scie sauteuse calcule et découpe un maximum de dérives sur la totalité de la surface startifiée. Dans mon cas, ce sera bien plus artisanal et une fois de plus avec les moyens du bord !!! Et le moins cher possible   ;-)


Plusieurs techniques concevables :

1 - dessiner un gabarit et découper dans une planche de bois la forme de la dérive, poncer dans la masse de chaque côté pour arriver à une dérive en bois qui sera stratifiée par la suite.

Avantages :
  • magnifique support qu'est le bois pour ses veines et fibres naturelles
  • excellent support pour stratifier car absorbe bien la résine et se délamine rarement
  • facile à poncer at à découper
  • support bon marché
  • mille variétés de bois différents : du balsa au contreplaqué marin en passant par la porte du vaisselier en chêne massif de la belle mère (divorce garanti !)
  • acceptera même des dessins, signatures, pyrogravures, contrecollages de tissus, contrecollages de feuilles ou fleurs séchées, etc
  • permet de se faire la main (et les bras !) sur le ponçage manuel et si c'est raté, une nouvelle planche de bois ne coûte pas si cher que ça !!!
  • pourquoi ne pas assembler plusieurs bois de couleurs différentes contrecollés à la colle à bois tout en tenant compte de la dureté ou de la tendresse ou de la souplesse ?!

  • Inconvénients :
  • blige à être très symétrique et avoir le compas dans l'œil lors du ponçage des deux côtés de façon HYPER symétrique !!! Il vaut mieux y aller molo et ne pas utiliser de grain trop gros pour les premières dérives...
  • bien poncer dans le sens de la fibre pour éviter les échardes et arrachements de veines

  • 2 - on pourrait même imaginer de le faire avec une âme en mousse ployesther pris sur un déchet de pain de mousse lors du shape

    Avantages :

  • légèreté
  • très malléable
  • blancheur assurée
  • support idéal pour laisser son inspiration décorer la future dérive avant stratification

    Inconvénients :

  • plus fragile que le bois
  • ne pas hésiter à charger en résine pour éviter trop de souplesse

    3 - superposition de couches de fibre et de résine

    Avantages :

  • HYPER SOLIDE
  • permet d'introduire des tissus, dessins, matières séchées (etc) dans la masse selon ses inspirations. Eviter des matières vivantes qui pourraient faire des bulles ou des moisissures ! Et laisse les mouches et les araignées en dehors de la résine, SADIQUE !
  • possibilité d'utiliser des pigments pour teinter les couches de résine
  • la transparence obtenue peut donner des effets très intéressants

    Inconvénients :

  • plus lourd qu'avec une âme en bois
  • plus cher qu'avec une âme en bois
  • plus long à réaliser
  • beaucoup plus long à poncer et finaliser



  • MA PREMIERE EXPERIENCE :

    Sans trop savoir comment j'allais faire, je me suis fabriqué un cadre en bois composé d'une planche d'aggloméré de 40 x 40 cm et sur laquelle j'ai collé une feuille de plastique (sac poubelle) pour y déposer mes premières couches de résine.
     La résine polyesther n'adhère pas au plastique. Par dessus, j'ai vissé un cadre de bois de ± 2 cm de section tout autour de la planche pour éviter que la résine ne dégueule à chaque couche de résine et de fibre. (photo 1)

     Mon cadre fini, j'ai trouvé un joli tissu tahitien (merci à la belle mère à PIOU !) rouge et blanc sur lequel j'ai dessiné le gabarit de la dérive désirée.

    Là, tu peux prendre n'importe quel tissu (coton ou soie) ou un joli dessin sur papier de soie (voir rubrique DECORATION) ou même du végétal ou de l'animal (;-) mais séchés, secs de chez secs !!! (Photo 2)



    Après le délire, j'ai posé le gabarit de tissu au centre du cadre en bois et commencé à poser de façon successive résine - fibre - résine - fibre - résine - fibre...  (résine polyesther et fibre grossière : 400 gr). C'est assez rapide, et laisse chaque fois 20 minutes entre les couches pour se désaltérer et nettoyer les outils avant de recommencer encore et encore c'est que le début d'acoord d'accord. Ne sachant pas combien de couches je devais mettre de chaque côté de l'âme en tissu, je me suis arrêté à 24 couches pour le premier côté.


      Ensuite j'ai dévissé le cadre en bois, retiré la feuille de plastique qui s'est décollée toute seule de cette première moitié de dérive. J'ai remis une nouvelle feuille de plastique et revissé le cadre en bois. Retourné et replacé la première moitié dans le cadre pour recommencer la succession de couches de fibre et de tissus... même scénario...
    Au bout des 24 couches et un bon temps de séchage : binouze - session de surf - binouze.....
    On démoule le tout et on se retrouve avec une plaque de 48 couches de fibre et de résine.





    L'âme centrale faite de la "tranche" de tissus découpée selon la forme finale désirée va maintenant permettre de découper et retirer le surplus de matière qui entoure de chaque côté le joli petit tissu. J'ai utilisé une scie à métaux et une petite fraiseuse (style DREMMEL) pour découper grossièrement la future dérive et dégrossir le pourtour de la dérive en laissant un peu plus d'un demi-centimètre tout autour du tissu.

     Après, c'est là que commence la GALERE ! J'ai acheté de papier de verre, du gros grain, très gros grain et avec la ponceuse électrique j'ai commencé à poncer, poncer et encore poncer de manière régulière et symétrique pour enlever la matière et arriver à la dérive quasi finale (moins le glaçage). Au final, il reste plus d'un millimètre tout autour du tissu qui fait l'âme centrale.
    En me rapprochant de ma planche j'ai affiné la partie qui s'encastre dans le box US en enlevant un peu de matière en plus que nécessaire car le futur glaçage rajoutera un peu d'épaisseur.






    Une fois satisfait de la forme donnée à ta dérive, il ne me restait plus qu'à la glacer et là c'est du régal car beaucoup plus facile que pour une planche !!!
    j'ai suspendu la dérive par l'axe du pas de vis et préparé un petit mélange de glaçage légèrement boosté en durcisseur. Ensuite j'ai laissé couler le mélange de haut en bas en surveillant bien toute la surface et en m'assurant que la résine avait enduit et coulé sur toute la dérive. Un peu comme dans la pub pour le chocolat noir où l'on voit la jolie hélène laisser couler le doux et amer chocolat sur une magnifique poire... d'où le nom de la poire belle hélène !!! Enfin, ça c'était une parenthèse pour les gourmands !!! Hein Piou ??!! Une fois la résine solidifiée mais encore tendre, il suffit de tailler au cutter la petite stalactite qui se trouve à la pointe de la dérive.

    Enfin, j'ai percé délicatement le petit conduit pour y introduire la vis de fixation au box US. Quant à l'axe qui se trouve à l'arrière de la dérive et qui guide la dérive dans le rail du Box US, tu as le choix entre démonter ton imprimante EPSON et découper l'axe en INOX qui guide les crachoirs de l'imprimante (méthode PIOU :  idéale pour se faire assassiner par son collègue de bureau ! ) ou utiliser la partie pleine d'une vis (style longue vis à béton) qui setrouve entre le filetage et la croix de vissage, c'est en général assez long et en INOX de préférence. Et nous voilà fier comme Bar Tabac avec une dérive unique au monde and selfmade !!! Y a plus qu'à se jeter à l'eau et voir comment elle réagit !!! Pour les premières dérives, n'ayant presqu'aucune connaissance d'hydrodynamisme, j'ai opté pour la copie (un peu comme pour le shape) de dérives mythiques réalisées par des grands comme Takayama ou Gordon & Smith...
    Pour la pure création... je vais laisser l'expérience faire son travail !

    Hooou ça brille !!
    Encore beaucoup de patience et d'huile de coude il te faudra, jeune Padawan !


    MA DEUXIÈME EXPERIENCE :

    Suite aux erreurs et divers "twists" et "houps" rencontrés lors de ma première expérience, je me lance maintenant dans la technique du noyau en bois. J'ai opté pour un bon triplex marin contrecollé de plusieurs couches pour que celles-ci soient vraiment visibles au ponçages, un peu comme pour simuler les anneaux d'un rondin de bois et dater une dérive préhisthorique !!!
    J'opte pour cette technique car elle est moins chère en matière première mais aussi parce que la "sculpture" et le ponçage de la dérive dans le bois sont bien moins fastidieux que dans la résine et la fibre. Le bois est bien plus tendre. Là, la technique consiste à dessiner le gabarit de la dérive dans la planche et de la découper à la scie sauteuse. Une bonne épaisseur de 25 millimètres permettra d'imaginer la veine du milieu et de poncer de part et d'autre de cette ligne médiane la future dérive comme le dessus d'une aile d'avion. Il ne faut pas oublier d'enlever plus de matière (bois) que nécessaire car la stratification qui viendra par dessus va donner de l'épaisseur. Il ne faut en aucun cas que le bois soit en contact avec l'eau de mer, ce qui le ferait gonfler et éclater de l'intérieur. En plus, plus il y a de résine par dessus le bois, plus on va avoir cette effet de profondeur et les veines du bois vont resortir esthétiquement. Donc, une fois arrivé au résultat souhaité, je superpose 4 à 5 couches de fibre de verre (du 125 gr sera amplement suffisant) et de résine... une binouze - une session de surf - une binouze... et et et elle est sèche, prête pour le ponçage avant glaçage. Une fois finement poncée, il faut s'appliquer au maximum pour un glaçage parfait sans bulle ni mouche ni poussière ni poil (;-) afin de faire ressortir toute la beauté du bois choisi. Brillant ou mat c'est selon... brillant c'est plus joli... quoique une fois mouillée, c'est pareil... après il s'agit de réaliser le petit filetage pour la vis de fixation et de placer l'axe en INOX. Alors, le danger ici vient du fait que l'âme est en bois, donc une fois les trous faits, il faut faire en sorte de protéger le bois de l'eau. L'axe en INOX étant fixe, au moment ou le place dans la dérive, il suffit de mettre de la résine dans le trou qui empêchera l'eau de rentrer. Pour le "puîts" de la vis, il suffit de le faire un peu plus large et d'y mettre deux ou trois fois (avec un fin pinceau ou même un coton tige) des petites couches de résine pour isoler le bois de l'extérieur.
    Et vous voilà propriétaire d'une deuxième dérive en bois un peu rétro mais très très originale et surtout selfmade.

    NOTE : Il est possible de faire exactement la même dérive avec une âme en balsa. Le balsa est cher et il n'est pas facile de trouver des planches très épaisses. Par contre, le balsa est encore plus facile à poncer et je dirais même trop facile !!! Juste à la main et avec du grain fin, ça ira très bien ! Et Avantage énorme : le poids hyper léger du balsa. Cependant il est plus fragile et il faudra mettre plus de tissu et plus de résine, voir 2 ou 3 couches supplémentaires de chaque côté. VOILA !


    http://www.chevauchonde.net/