The Silver Comet

vendredi 11 mai 2007.
 

Coucou me revoilou !

Après « The Experience » de l’été passé et le « Super Coco Model » de l’automne, j’ai remonté les tréteaux et resorti le rabot ! Suite à l’achat du pain pour shaper la planche de notre ami Coco, j’avais acquis pour quelques cacahuètes, un pain de « seconde main » de 7’3’’ taillé dans un pain de 10 pieds dont la chimie avait un peu foiré et occasionné quelques bulles. Même pas peur !

Toujours pleins de projets de shape et de formes un peu différentes, j’avais repéré dans un Surfer Journal (n° 44) et sur le site de Cooperfish Surfboards une planche assez ronde et très tendue baptisée « Comet ». C’est un petit shape très large, avec peu de rocker et généralement en pin tail ou round pin tail. Le rail est doux et le volume généreux ; c’est donc une planche qui sera assez rapide, pas trop aggressive, courte, polyvalente et très facile au take off. J’ai donc fait un patchwork de plusieurs shapes et plusieurs tailles de planches repérées à gauche et à droite pour aboutir à une 6’8’’ très large, volumineuse et bien tendue.

J’ai sorti la scie et le rabot pour dégrossir le pain avant d’attaquer progressivement et doucement le bébé au papier de verre et à la cale à poncer. C’est un peu plus long mais ça permet d’enlever micron par micron et d’arriver à un résultat très fin. Ca évite aussi d’enlever trop de matière au rabot et de devoir changer les projets à cause d’un sillon trop profond ou d’une asymétrie indésirable !

Au niveau de la carène, j’ai opté pour une carène avec un léger Vé sur le premier tiers avant qui s’aplatit totalement sur le milieu pour laisser place à un joli double concave sur le dernier quart arrière.

Le rail est pincé sur tout le nose et j’ai opté pour une sorte de petit diamond nose qui s’arrondit petit à petit pour s’adoucir et se transformer en 50/50 vers le premier tiers de la planche. Puis, progressivement ce rail se tend en 1/3 - 2/3 pour finir légèrement boxy et bien tendu sur le dernier pied du tail.

A ma grande habitude, j’ai tout fait au feeling et je n’ai sorti la règle millimétrique que pour m’assurer de la symétrie, mais je serais incapable de vous donner des cotes précises !!! Cela dit, elle mesure exactement 204 cm de long, 49.5 cm à 1 pied du nose, 60 cm en son centre et 40.5 à 1 pied du tail. Voilà ! Quant à l’épaisseur, je n’en sais fichtre rien, mais je dirais quasi 6,5 cm au plus épais... Tous les modèles que j’ai pu observer étaient montés en single avec une dérive en croissant de lune et assez souple donc je me suis plié à la tradition ! J’ai donc prévu et creusé l’emplacement du rail US arpès avoir fini le shape afin de bien le recouvrir de fibre et rendre l’assise de la dérive très solide.

Comme à chacune de mes « expériences » de shape, je me suis lancé dans de nouvelles tentatives de déco très personnelles et différentes des autres planches. J’ai réussi à me procurer des paillettes argentées très fines généralement utilisées en peinture carrosserie pour réaliser un effet de pont argenté et métalisé. J’ai repris l’idée de la marqueterie et réalisé un petit « soleil » avec trois bois différents. Afin de ne pas avoir de trop grosses différences d’épaisseur et de reliefs à l’endroit de l’incrustation, j’ai donc « défoncé » le pont à l’endroit qui devait recevoir la petite boiserie. Une fois l’emplacement creusé, je l’ai plaquée avec une petite couche de colle à bois et quelques annuaires téléphoniques en guise de presse !

Et après ? Hé ben... Allez on y va et on commence la stratification ! Piou et moi avons l’habitude de privilégier la solidité et donc d’attacher un peu moins d’importance à la légèreté. Alors pour ne pas déroger à cette petite habitude, j’ai opté pour trois couches pour le pont et deux pour la carène (dessus : 1 couche de 250 gr et 2 de 130 gr - dessous : 1 couche de 250 gr et 1 de 130 gr). Certes, c’est plus lourd que les traditionnelles galettes que l’on vend dans le commerce, mais ça a le mérite de bien résister aux petits chocs zé poks en tous genres ainsi qu’aux enfoncements zé maltraitances du surf quotidien !

J’ai donc attaqué par le pont avec la priorité de devoir utiliser uniquement sur cette première couche les fameuses paillettes argentées ainsi que de recouvrir la marqueterie sans faire déborder les paillettes par dessus le bois ! J’ai d’abord préparé un petit pot de résine transparente avec laquelle j’ai enduit et recouvert le petit soleil. Et après une dizaine de minutes, j’ai entamé la fibre avec le mélange argenté. C’était une première et si vous y réfléchissez un peu, vous verrez que vous ne connaissez pas beaucoup voir pas du tout de planche argentée, dorée ou cuivrée. Donc je n’ai eu aucun repère ni conseil pour mon dosage ! Une fois de plus j’ai tout fait au pif afin d’avoir un mélange homogène mais bien dense car je le voulais bien chargé en paillettes ! En hommage à Silver Surfer peut-être ! Paix à son âme !

Mais... Car il y a toujours un « Mais », malgré le mélange très homogène et la facilité avec laquelle les paillettes se mélangent à la résine, le problème survient lorsqu’on l’étale et que l’on commence à racler. Là, à ma grande surprise les paillettes ont la fâcheuse tendance à faire de petits tas zé paquets indésirables ! Alors, dans l’urgence j’ai sorti le pinceau pour répartir la teinte argentée par dessus les endroits où l’on voyait trop la fibre blanche. Aussi, à certains endroits j’ai même saupoudré la stratification avec des petites pincées de paillettes pour rattraper cet effet imprévu. Il faut aller vite car ça fige en moins de 20 minutes ! Il doit y avoir d’autres techniques plus afficaces ( ?). Cela dit, ce sont des paillettes réservées initialement à la peinture au pistolet. Je pense que j’aurais dû éviter de trop racler et d’étaler plutôt une micro-couche supplémentaire avec un petit rouleau du style de ceux que l’on utilise pour peindre les plaintes ou chambranles de porte. Mais bon, le résultat est encourageant et une première dans les techniques de déco que l’on avait expérimentées jusque là. Pour compenser avec cette petite déception et toujours en hommage à Silver Surfer (Paix à son âme !), j’ai préparé un petit pot de résine blanche et dessiné quelques petites zétoiles là où la densité de paillettes n’était pas satisfaisante.

Pour la carène, j’ai repris l’esprit « Cooperfish » avec les résines teintées et j’ai trouvé chez Casto, un pigment vert-bleu identique au cercle de bois intérieur de la marqueterie du pont. Le pain de mousse était un pain de seconde main et donc il y avait des bulles et petites fissures que j’avais réparées avec du micro-ballon. Donc, le choix de résines teintées n’était pas anodin et ce afin de masquer les imperfections du pain. J’ai donc préparé un mélange vert-bleu et un gros pot de résine pigmentée de blanc. Le principe « Cooperfish » est le suivant : la première teinte qui touche le pain reste en mémoire. Donc, si vous commencez par des stries blanches (par exemple) et qu’après vous superposez d’autres couleurs plus foncées, on verra toujours les premiers effets de blancs par dessous les autres couleurs. Alors, pour ma ptite comète, j’ai commencé à faire de fines coulées vert-bleues depuis un point central en rayonnant vers l’extérieur et en plus j’ai éparpillé de temps en temps des petites gouttes. Et la couleur vert-bleue une fois pénétrée dans la fibre, j’ai versé toute ma quantité de blanc sur le centre des rayons de couleur. Le but consiste alors à racler et étaler le blanc dans le même sens que les rayons vert-bleus afin d’obtenir une sorte d’effet de perspective cosmique ( !) Toujours en hommage à notre ami Silver Surfer ! Paix à son âme ! La dernière difficulté consiste ici à plaquer la fibre de la carène vers l’argenté du pont sans trop déborder. J’avais pris soin de faire un petit masque d’adhésif avant de stratifier. Une heure après la gélification de la résine, j’ai passé une lame de cutter bien affûtée pour obtenir une coupure bien nette entre la couche du dessus et celle du dessous. Piou explique d’ailleurs très bien cette technique dans l’article relatif à son Magnifique Fish jaune de l’été 2006.

Ces deux premières couches de fibre posées et sèches, j’ai soigneusement découpé la fibre à l’endroit où je devais placer le puits de dérive. J’ai ensuite préparé une mixture bien dense et pigmentée pour couler le rail dans sa petite cavité, vissé et bloqué la dérive pour l’axe et le centrage.

Pour ne pas avoir à acheter un plug de leash, j’ai opté une fois de plus au plug à l’hawaïenne et j’ai donc creusé (comme pour ma planche précédente « The Experience ») une sorte de petite cheminée depuis le pont jusqu’au rail US. La résine une fois coulée dans ce petit « fût », c’est comme un petit cylindre rempli de résine au centre duquel je percerai un petit conduit de part en part de la planche jusqu’à l’intérieur du rail. Le conduit percé, il suffit de faire une boucle dans un cordon nylon et de la passer depuis l’intérieur du rail jusqu’au pont.

C’est extrêmement solide et à chaque traction du leash sur la boucle, ce n’est non pas un petit plug qui doit subir l’effort, mais tout le rail du dessous qui est lui-même coulé dans un bloc de résine pris dans la latte de bois. Croyez-moi, c’est incassable ! C’est le leash qui pète avant !

Les étapes suivantes, vous les connaissez... Il reste deux couches à mettre sur le pont et une sur la carène... Pose des papiers de soie et de la signature de Misterbolly, protection de l’entrée du puits de dérive, ponçages divers, etc... Je vous épargne ces phases ennuyeuses... Sans oublier peut-être une fine bande de résine vert-bleue argentée que j’ai appliquée pour masquer les imperfections du joint entre l’effet argenté du pont et l’effet « Cooperfish » de la carène.

Après un ponçage propre des rails zé dernières imperfections, on passe au glassssssssss ! Là, j’ai expérimenté une nouvelle méthode : je chauffe de l’eau dans un poellon et quand celle-ci est bien chaude, j’y trempe le dessous du pot dans lequel je mélange la résine et le styrène paraffiné. Le résultat est une résine tiède très fluide et un mélange bien homogène qui va précipiter la gélification de quelques minutes. Pour le glass, il vaut mieux aller vite et donc avec cette technique, la résine plus fluide va vraiment bien s’étaler et gélifier plus vite sans trop dégouliner et donc sans trop de pertes. Rapidité, Efficacité et Rentabilité comme dirait Delarue !

Les deux côtés glassés, il ne me reste plus qu’à découper soigneusement la petite protection du puit de dérive et de percer le conduit du leash bien perpendiculairement à la carène et bien au centre du fût de résine.

Quelques jours de sèchage et il ne reste plus qu’à poncer le plus finement possible les deux côtés du bébé pour obtenir une vraie peau de fesse ! Fesses de bébé, je prècise pour les vieux grigous !

Répondre à cet article

Forum