The G.&S. Experience

mardi 17 octobre 2006.
 

Il y a quelques années, mon ami Steph m’a ramené une 10 pieds Classic Nose Ride Gordon & Smith de Californie : un collector made in California par Steven Seebold et qui pesait plus de onze kilos ! Une « 3 lattes » exceptionnelle mais, qui au fil du temps et des sessions parfois musclées, a montré des signes de faiblesse, de noubreux pets, des carquelures multiples du glass et un jaunissement prononcé.

Je n’osais plus l’utiliser de peur de la briser et au lieu de la laisser pourrir au garage, je me suis lancé le défit de lui redonner une autre chance et une autre vie... Décidément, résusciter les planches, c’est mon truc !!! Un sacré défit car le but de la manoevre était de concevoir une planche presqu’ intégralement symétrique ! D’un rail à l’autre, c’est normal, mais du nose au tail : c’est plus rare !!! J’ai donc dessiné un quart de planche un peu comme un quart de rond et je l’ai fait pivoter par le cente du « cercle » afin d’avoir un outline complet.

Ca donne une planche dite « saucisse » destinée à surfer les petites vagues molles de l’été avec un esprit très roots et très cooool ! Une fois l’outline dessiné par dessus le glass, avec une scie sauteuse j’ai découpé le futur engin et puis délaminé assez aisément car elle avait beaucoup souffert.

Par contre le pain de mousse récupéré ne m’offrait pas beaucoup de lift ni de rocker, j’ai donc réaliser une 7’10’’, très tendue avec un joli volume central. Le pont est dit « flat deck » donc vraiment plat de chez plat, mais par contre j’ai taillé le lift et le rocker dans la carène. Il en résulte une planche hypra tendue qui oblige un contrôle parfait et précis lors du take off. Le moindre enfournement est fatal !

Au niveau du nose, il persiste une toute petite cuiller pour rappeler la 10 pieds, sur la partie centrale la carène est plate et en s’étirant vers le tail, un joli Vé m’autorise souplesse et tolérance des erreurs de conduite.

Le rail est bien acéré sur l’arrière et se dédouble tout du long de la planche jusqu’au nose où il redevient très tendu. Ce « double » rail permet une très bonne accroche malgré le montage en single. J’avais observé ce genre de rail sur des petits swallows tout ronds de STEWART.

Malgré un été plutôt radin en grosses sessions, j’ai eu l’occasion de tester la planche dans des vagues petites et molles, dans des vagues moyennes et creuses et même dans un bon gros mètre cinquante. A chaque fois, je partais à l’eau avec un gros point d’interrogation dans les yeux et à chaque fois ce fut la surprise et le plaisir de constater que ce concept fonctionnait.

Son volume généreux rend la rame facile et le take off peut ainsi être anticipé pour compenser le faible rocker. Elle réagit comme un malibu dans les petites vagues en tolérant les déplacements et même les hang-five.

Le rail tendu permet de réaliser des virages assez serrés mais a tendance à décrocher dans les vagues creuses de plus d’1,50 m. J’envisage d’ailleurs de lui rajouter 2 petits twinsers pour éviter ce genre de désagrément, quoique cette planche ne soit pas réellement conçue pour attaquer les grosses vagues.

Par contre, son côté hyper tendu en fait une planche très rapide qui accèlère constamment et permet même de contourner la mousse et rejoindre la section. Je me suis fait surprendre plus d’une fois à vouloir tenter des virages trop brutaux à pleine vitesse et de me faire éjecter comme un mal propre tant la vitesse était trop élevée pour entamer ce genre de virage. Mais le dressage de la bête est long et permettra un jour de rivaliser avec les meilleures montures !!!

Les canards sont aisés par cette absence de rocker mais son volume généreux oblige à rester prudent lorsque la taille de la houle augmente car pour la faire couler, il faut fournir de gros efforts et vraiment mettre tout son poids sur le nose, avec parfois de mauvaises surprises et des machines à laver imprévues, surtout avec les grosses épaisseurs de mousses qu’il commence à y avoir en automne !!!

Le look est sympa, un peu kitch mais sympa. J’ai expérimenté des techniques de peintures à l’eau. Sur le pont, ce sont des mélanges de gouaches, d’aquarelles et d’écolines (encres de calligraphie) et sur la carène, ce sont des pochages à base d’acrylique. J’ai directement peint le pain de mousse et ce avec beaucoup de facilité, mais il y a un risque à cette technique : à la moindre infiltration d’eau, la déco partira en couille et se diffusera comme sur du papier-buvard mouillé...

C’est le risque de cette technique, sinon c’est très facile à faire et à la portée de tous avec un champ de liberté sans limite. Le côté positif est évidement l’originalité, mais surtout le poids quasi nul de la décoration et ça, c’est important car j’ai la fâcheuse tendance d’allourdir mes planches à la stratification. Donc pour ce coup-ci, j’ai calculé mes doses de résine au gramme près et à chaque couche j’ai bien tiré la résine afin d’éviter les « paquets » et accumulations inutiles de résine.

Bref, l’expérience est réussie et la Gordon & Smith commence une deuxième vie et je pense que le meilleur est à venir pour ce rétro « fun shape » plus qu’original. A suivre !

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