Tempête sur Sainte Barbe

lundi 27 février 2006.
 

Cela faisait une semaine que la houle grossissait chaque jour et l’apogée fut samedi lorsqu’une grosse houle de plus de 3,50 m est venue frapper de plein fouet toute la côte sud-atlantique.

Le but du jeu était de trouver un spot de repli, mais comme tous les mecs du coin le savent, quand ça pète gros sur l’Aquitaine, à part la digue de Sainte-Barbe à St-Jean-de-Luz, la Bougie à Ciboure et la baie d’Hendaye, il n’y a aucun spot qui marche sans prendre le risque d’y laisser sa peau ! Enfin, là je parle pour notre humble niveau ! Pour les cadors de Guéthary et de Lafit, c’est de la rigolade !

Comme c’était les vacances scolaires et le week-end de surcroit, croyez-moi je vous épargnerai les images d’Hendaye qui ressemblait à la plage de Biarritz au mois de juillet : c’est-à-dire une horde d’affamés qui font beaucoup de bruit sur la digue mais qui la ramènent moins une fois qu’il s’agit de passer une barre INFRANCHISSABLE !

Eh ouais... même à Hendaye, la barre était énorme et il fallait un hélico ou une catapulte géante pour la franchir ! Cela dit il y a eu du spectacle et les réparateurs de planches ont eu du boulot dès la fin de la session !

Au large, la fameuse vague de Belharra Perdun ou la bien surnommée "Mamouth" fonctionnait grassement avec malgré tout du gros clapot et un vent de sud-ouest en rafales. Il paraitrait qu’un équipage de tow’in s’y est aventuré à mi-journée ( ?)

Donc j’ai choisi de m’attarder sur la digue de Sainte Barbe à St-Jean-de-Luz. Méprisé par certains et adoré par quelques locaux amoureux du site, ce spot mérite franchement le détour. Il s’agit d’une droite consistante qui ne marche vraiment bien que par moyen et gros temps car cette vague vient se fracasser sur une digue et ensuite dérouler "gentiment" à l’intérieur de la baie.

Je dis gentiment quand c’est pas trop gros, mais quand la houle est supérieure à deux mètres, c’est une droite rapide, imprévisible, capricieuse, avec des marches surprenantes, tendue avec cependant une épaule bien épaisse mais plus lente qui autorise aux longboarders de s’y aventurer. Les shortboarders radicaux et acrobatiques auront tendance à la prendre le plus près possible de la digue. Là, c’est une vague qui creuse en un coup et projette violemment, vaut mieux ne pas traîner et attendre un peu pour faire les zizounettes !

Alors que les longboarders prendront la vague un peu en retrait, plus à l’épaule car le creux de la vague est incompatible avec la taille des planches :-) ! L’avantage du spot autorise de se mettre à l’eau même quand c’est défoncé de l’autre côté de la digue et en plus, en fonction du niveau de chacun, il y a moyen de trouver différents niveaux techniques et de difficulté sur le même spot. Plus on est près de la digue, plus le niveau de difficulté est élevé et plus c’est creux et rapide. Plus on s’éloigne de la digue, plus ça devient moux et plus les niveaux moyens sont autorisés.

Le spot fonctionne bien à partir du deuxième tiers montant en ramolissant de plus en plus qu’on se rapproche de l’étal. A marée basse, il est franchement déconseillé de s’y frotter car les rochers et blocs de pierre qui ont été posés pour stopper les vagues auraient le même effet sur le surfeur : ça stoppe net et en plus ça écorche sévère ! Mais en règle générale, il y a assez de fond pour ne pas toucher et il n’y a pas non plus de courant vicieux qui attire vers la digue.

A marée haute, ça ramollit et à moins que la houle ne soit énorme, c’est pas terrible. Sur les photos, vous verrez le spot à marée basse avec une barre énorme et rapide qui aura vite fait de vous broyer sur les rochers sans vous laisser le temps de reprendre votre souffle.

Dans ce cas là, il y a une petite barre résiduelle en milieu de baie qui est abordable en longboard. Par contre, à marée haute, c’était tellement gros et orienté ouest-nord-ouest, que la barre est restée très grosse et avec des séries qui décalaient méchamment... tellement méchamment que personne ne s’est mis à l’eau... snif !

La mise à l’eau est très facile et y en a pour tous les goûts. Une mise à l’eau facile depuis la petite plage de sable qui se trouve ne contrebas du parking et aux pieds du début de la promenade de Ste-barbe. Une mise à l’eau plus "coton" depuis les rochers aux pieds de la petite colline et enfin, pour les acrobates inconscients, par moyen temps, il est possible d’aller à pied jusqu’au bout de la digue et de se jeter à l’eau entre deux grosses séries... Méthode déconseillée à tous ceux qui ne connaissent pas le spot !

En revanche, il y a un point négatif à ce spot : la qualité de l’eau ! Eh ouais ! Il y une station d’épuration et deux rivières (La Nivelle et l’Untxin) qui dégeulent des tonnes de saloperies dans la baie... donc il vaut mieux ne pas boire la tasse et surtout bien se doucher en sortant de l’eau !

J’ai pris des photos sous différent angles, aussi bien au ras de l’eau, à hauteur de la digue que des différents petits points de vue de la petite colline jusqu’à la petite chapelle de Sainte-Barbe.

Comme le Grand Sage du coin le répète souvent, la houle précède souvent le mauvais temps et donc le lendemain, le gros de la cavalerie est arrivé avec des pointes de vent à 130 km/h et une houle d’ouest dépassant les cinq mètres et un clapot aussi épais que les vagues. Plan d’eau insurfable et Océan défoncé démotivant même les plus téméraires, par contre quel spectacle...

Il ne restait plus qu’une seule chose à faire : obsrver le spectacle avec humilité.

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