Fabrication de dérives de surf

samedi 24 janvier 2015.
 

Chaque nouvelle création de planche est l’occasion de se poser également la question du choix du montage de dérive et du type de dérive que l’on veut poser au tail de sa planche... Cela fait déjà plusieurs années que je me lance dans diverses techniques de fabrication de dérives et d’ailerons de surf... J’ai testé plusieurs méthodes avec plus ou moins de réussite et je vais vous livrer brièvement ces diverses tentatives... Certaines sont plus faciles que d’autres, certaines demandent plus de matériel ou plus d’habileté... A vous de choisir... il n’y en a pas une meilleure qu’une autre... c’est un choix perso... Le seul point commun avec toutes ces tentatives est basé sur l’utilisation de restes et de chutes issues des fabrications de planches : tissus, bois, fibre, carbone, texalium, résine etc etc

Technique n°1 : Fabrication d’un support plat et rigide (planche de bois + film plastique) pour venir superposer des carrés de fibre de verre et de résine jusqu’à l’obtention d’une plaque composée d’une quarantaine de couches collées les unes sur les autres. Libre à vous d’utiliser ou non des pigments ou même d’intercaler du tissus de couleur ou à motifs au milieu des 40 couches... tout est jouable du moment que cela soit compatible avec le choix de votre résine... Ensuite, il "suffit" de découper les outlines de dérives dans la plaque avec une bonne scie sauteuse et de passer des heures à poncer pour donner le profile désiré : que ce soit pour une centrale ou des latérales. C’est une méthode longue et il faut un très bon œil et une bonne expérience pour respecter la symétrie parfaite.

Technique n°2 : Toujours à partir d’un support rigide et plat, j’ai cloué en périphérie des réglettes en bois pour faire un arrêt de coulage. J’ai préparé un mélange ou plutôt une "choucroute" à base de fibres de verre, de fibres de carbone, de paillettes argentées, de pigment bleu et de résine. Quand le mélange est homogène, j’ai coulé le tout dans le "moule" et bien aplati au rouleau pour obtenir une plaque compacte et plane... après pour la suite du boulot, c’est comme pour la technique n°1...

Technique n°3 : Cette fois-ci je suis parti d’une planchette de bois (contre-plaqués 5 plis) et j’ai découpé les outlines des dérives souhaitées. Après, il faut poncer jusqu’à obtention du profile souhaité en n’oubliant pas de bien penser à l’épaisseur finale quand le bois sera stratifié, histoire que cela rentre dans le boîtier de dérive !!! Le profile une fois obtenu, la stratification peut commencer : soit tout en transparence, soit avec du texalium, soit avec du carbone, soit avec des pigments... tout est possible...

Technique n°4 : Cette technique-ci est pour ma part idéale pour fabriquer des petits twinsers ou stabilisateurs car ils ont une face plate et une face bombée. Comme pour la Technique n°1, j’ai superposé des carrés de fibre avec de la résine et du pigment rouge. Une fois décollés de la plaque, les 2 stabilisateurs sont déjà quasiment finis du côté intérieur et il ne "reste" qu’à poncer la face extérieure pour obtenir le profile désiré. Pour la première tentative, l’idéal est de cloner un modèle existant de dérives qui vous plaisent et de copier également le système d’embase.

Technique n°5 : Cette expérience-ci est quasiment identique à la précédente sauf que j’ai contrecollé les 2 demi dérives finies ensemble pour obtenir une dérive centrale à poser sur embase de type FCS. Pour obtenir les deux faces intérieures vraiment parfaites, j’ai utilisé une plaque de plastique rigide comme support de base... Le seul problème est que j’ai été obligé de casser la plaque de plastique pour décoller les carrés de fibre... mais le résultat est nickel !

Technique n°6 : Encore une fabrication de twinsers en fibre de verre + texalium pour mettre sur mon Scorpion 6’8’’ comme pour les twinsers de la Technique n°4. Afin d’obtenir les deux face intérieures vraiment parfaites, j’ai utilisé cette fois-ci une plaque de verre comme support de base... Le seul problème est que j’ai été obligé de casser la plaque de verre pour décoller les carrés de fibre... mais le résultat est nickel

Technique n°7 : Voilà la tentative la plus "farfelue"... Dans mes chutes de polystyrène, j’avais des feuilles d’un centimètre d’épaisseur dans lesquelles j’ai découpé et poncés deux âmes de dérives comme pour les âmes en bois de la Technique n°3. Par contre, le polystyrène ainsi est très flexible et "mou"... donc je n’ai pas hésité à charger la stratification avec l’époxy et des fibres de carbones pour rigidifier. L’âme une fois complètement habillée, j’ai gratté le polystyrène au droit de l’embase et coulé une choucroute de résine et de fibre pour faire une embase solide et hermétique. C’est assez facile à faire et le polystyrène se ponce très bien... Je l’ai testé : ça marche et ça a l’air très solide !

Voilà en résumé quelques tentatives de fabrication de dérives qui coûtent bien moins cher que des dérives du commerce et qui vous permettent de surfer avec des dérives uniques au monde ! Allez Hop ! Au boulot !

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