Le Belly, le concave et le Step-deck

mardi 1er mai 2012.
 
Troisième phase : cruciale et délicate car c’est elle qui va définir les réactions et la future glisse de la planche.

Le profil et l’outline sont maintenant définis et la troisième phase qui est très importante va faire l’objet de toutes les précautions. En réalité, les shapers professionnels ont tellement d’expérience et connaissent tellement bien leurs outils et leur matériel qu’ils ne prennent pas autant de mesures que nous allons le faire. D’autant plus que l’omniprésence des machines à pré-shape a pour résultat des pains de mousse qui arrivent en atelier shapés à 95% et qu’il ne reste "plus qu’à" faire un ponçage fin et personnaliser subtilement la forme définitive des rails. Mais c’est un débat dans lequel je ne vais pas entrer car dans le cas des planches que nous fabriquons, tout est très "artisanal" et même les outils sont faits maison !!!

Mais dans notre cas, tout est fait progressivement, à tâtons et sans trop d’assurance et donc on va un peu chipoter et s’assurer un résultat proche de nos espérances en prenant beaucoup de repères. La méthode que j’illustre par le schéma en 6 étapes et théoriquement assez simple. Il suffit de marquer des repères et de les tracer au trusquin pour obtenir des lignes à tangenter à la cale à poncer et progressivement fondre les zones les unes avec les autres pour obtenir une courbe.

Nous avons choisi d’attaquer d’abord la carène pour obtenir sur toute la surface un belly qui soit légèrement plus prononcé sur l’avant que sur l’arrière. Le Belly une fois obtenu, à l’aide d’une cale à poncer, il suffit de tangenter toutes les zones passées à la rappe et de terminer le tout avec une grille fine à poncer.

Ensuite, il faut reprendre les plans d’origine, retracer l’axe de la latte "virtuelle" centrale et de choisir le pincement des dérives pour définir la forme désirée du concave ainsi que sa longueur et sa profondeur. Ces repères tracés, le plus gros du concave se fait à la rappe et ensuite il faut l’adoucir et l’affiner au papier de verre en se fabriquant une cale arrondie. Les deux planches sont assez différentes dans leurs formes et largeurs ; ce qui nous a obligé à vraiment réaliser deux concaves et deux formes de carènes différentes.

La carène est quasiment finie et il faut maintenant refaire exactement la même chose sur le pont tout en sachant que le rail change réellement de forme du nose au tail. Il faut donc y aller progressivement et ne pas enlever la même quantité de matière devant, au milieu et sur l’arrière. Le rail sera plus pincé sur l’avant pour évoluer vers un 50/50 sur le milieu pour continuer vers un 70/30 sur le dernier tiers et finir en quasi boxy sur le tail. Mais ça c’est une option théorique... après il faut laisser faire l’œil, le feeling, laisser glisser la main sur le rail et imaginer le fil de l’eau glisser du nose au tail. C’est extrêmement difficile à expliquer comme cela au travers d’un texte et de quelques photos ; c’est selon l’expérience et le ressenti de chacun.

Le pont terminé, il reste une petite subtilité qui caractérise le mini simmon : le step deck. Certains shapers le marquent fortement et font quasiment une "cassure" sur le quart avant du nose et d’autres ne le marquent que légèrement... Une fois de plus c’est à l’inspiration et c’est avant tout une touche personnelle qui n’aura quasi aucune influence sur la glisse de la planche, si ce n’est qu’un peu de volume et de poids en moins pour la planche ( ?!).

Avant de passer à la suite du travail de la décoration et de la stratification, il nous reste quelques petites réparations à faire sur le pain. Ce sont les "petites" cavités faites autour des lattes à fleur de pain, les petits trous ou coups faits lors des manipulations du pain etc etc... en fait du peaufinage et du chipotage pour essayer d’avoir une surface bien propre avant la stratification.

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